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Historique

Historique du Collège de LA SAGESSE

Section St.Jean – Brasilia -  BAABDA

 

En 1960, les ailes du Collège de la Sagesse de Beyrouth étaient devenues trop étroites, devant l'afflux croissant des élèves, dû au développement de la banlieue. Avec la bénédiction de Mgr. Ignace Ziadé, Archevêque maronite de Beyrouth, l'archevêché a tenté une aventure pionnière en élargissant la mission éducative sagessienne vers d’autres collines un peu plus élevées et silencieuses que celles d’Achrafieh. Cette initiative devait combler un vide et satisfaire les besoins d'une région. 

            C’est ainsi que l’archevêché a décidé de construire une école à Brasilia, à mi-chemin entre Hazmieh et le palais présidentiel, au milieu des oliviers, à 170 mètres d’altitude. 

            L’idée de construire le Collège est venue d’une manière providentielle.

Vers la fin des années 1950, Mgr. Ignace Ziadé était au Brésil pour participer au congrès eucharistique. Il rencontre M.Hanna El Hage, émigré, originaire de Hadeth, qui lui fait part de sa volonté de construire une église à Hadeth sous le vocable de St Jean. 

            L’archevêque lui propose la construction d’une école ou d’un hôpital car l’église existante, sous le vocable de N.D. ,ne peut être changée et la construction de l’église est plutôt l’œuvre de la communauté des fidèles. M. Hage s’engage à discuter l’idée lors de son prochain retour au Liban et opte pour  l’école.

            De son côté et après son retour au Liban, Mgr. Ignace Ziadé était allé à Jérusalem où Mère Aline de Sion le rencontre pour lui faire part du désir de la congrégation de s’installer au Liban en cas de nationalisation, vague qui submergeait les

pays arabes à cette époque et menaçait les institutions religieuses de fermeture. Mais celles-ci voulaient rester dans le monde arabe, et pour cela elles avaient besoin d’un point de repli qui ne pouvait être que le Liban. 

            Dans la pensée de l’archevêque, les deux projets se complètent et, de retour à Beyrouth, il s’en confie au P.Louis Hélou, Supérieur de LA SAGESSE à Beyrouth qui, à son tour, s’en va à Jérusalem étudier le projet avec Mère Aline de Sion(été 1959). Celle-ci écrit à la Supérieure générale, Mère Marthane, pour lui expliquer le projet, et Père Louis revient à Beyrouth attendre la réponse qui tarde à arriver. C’est alors qu’il envoie une lettre à Jérusalem, dans laquelle il fait part à Mère Aline de l’évolution du projet et de la finition des plans qui étaient déjà fixés et l’invite à venir discuter du projet. 

Mgr Igace Ziadé confia la direction du collège au Père Louis et Mère Aline arrive à Beyrouth pour se rendre compte des travaux qui avaient déjà commencé et apprend au Père Louis qu’au début de l’été 1960, une communauté de 4 religieuses de Sion (Mère Marthane, sœur Odette et 2 autres religieuses ) s’était installée chez les moins alépins (Mariamites) à Dbayeh pour fonder

 

une petite école, à la grande stupéfaction de Mgr. Ziadé et du P.Louis qui va les rencontrer et demander des explications. Mère Marthane se fond en excuses et explique au Père Louis qu’elle avait en tête un petit projet et qu’elle n’avait jamais pensé à une grande école. Sœur Odette qui assistait à l’entrevue ainsi que les autres religieuses , est, par contre, convaincue de l’exposé du P.Louis à propos du système d’éducation personnalisée prévu pour l’école. A son tour, elle écrit à la supérieure générale et la convainc. Celle-ci accepte d’envoyer 2 religieuses s’installer à Brasilia mais garde Dbayeh. Sœur Odette (spécialiste de la méthode Montessori puisque formée à l’école du P.Faure) et Sœur Marie-Louis (licenciée en littérature française) s’installent au 1er étage du Collège qui venait d’être terminé (chapelle, salle de communauté, chambres, etc...).   C’est Sœur Odette et Sœur Marie-Louis qui, en Octobre 1960, s’occupèrent des 19 premiers élèves du collège, et qui étaient groupés en trois classes allant de la première année du jardin d’enfants à la 12e. Sœur Odette avait, avec Mme Lubienska de Lenval, collaboratrice de Mme Montessori, appliqué pour la première fois la méthode montessorienne à l’école de Grandbourg. Cette méthode a comme but l’enseignement individualisé. 

L’installation des religieuses s’est faite dans la maison acquise pour construire le petit collège. Cette installation fut provisoire à la suite de la visite de Mère Colette, 1re assistante de la congrégation. L’année suivante, la congrégation décida de quitter définitivement Dbayeh et de s’installer à Brasilia. Mère Aline en deviendra la supérieure en plus de ses responsabilités à Jérusalem, après le départ de Mère Marthane pour la Tunisie à la suite de la fermeture de la maison de Dbayeh. Sœur Marie-Louis restera un an à Brasilia et sera envoyée en Turquie et c’est Sœur Ancella qui la remplacera. Les religieuses seront au nombre de cinq et une nouvelle supérieure fut nommée, Mère Ghislaine. 

                        À la suite de la vague de nationalisations dans le monde arabe, Rome demande aux membres des congrégations religieuses occidentales de rester sur place, même si leurs établissements sont transformés en hôpitaux ou autres. 5 ans après leur installation au Liban, les sœurs de Sion ne parviennent plus à assurer le personnel qu’il faut. Elles contactent les sœurs de N.D. de l’Assomption qui viennent prendre la relève après des négociations avec l’archevêché. Elles restèrent au collège jusqu’en 1981 où elles furent rapatriées à cause de la guerre. Entre temps, trois d’entre elles étaient décédées de mort naturelle au Liban. 

            Revenons à M.Hanna El Hage qui accorda donc à l’archevêché une parcelle de terrain qu’il a choisie lui-même à la limite de ses propriétés (le m2 valait 7 livres libanaises à l’époque) et qui avait une superficie de 4 600m2, et promet à l’archevêque de payer le coût de 1 000m2 de construction qui valait à l’époque 150 000 L.L. Le paiement devait se faire par tranches selon l’évolution des travaux. 

            Quand le moment de payer arrive, M. Hage ne veut plus payer que 80 000L. L. parce que ses parents à Hadeth des familles Karam et Matar lui avaient demandé de financer la construction d’une permanence du parti Kataeb dans le village. La permanence fut construite et la somme déduite de celle promise à Mgr. Ziadé . M.Hage accepte de payer 10 000 L.L. en plus des 80 000. 

            M. Hage avait aussi mis comme condition, la prise en charge par le Collège du coût d’enseignement de 22 élèves sans fixer de date quant à la durée de cette condition. 

            P. Louis conteste cela mais Mgr. Ziadé accepte la condition considérant qu’il fallait aider M. Hage dans son acte de bienfaisance !

             Le refus du Père Louis était motivé par l’iniquité de l’équation car la valeur du coût d’enseignement de ces 22 élèves, avec le temps, dépasserait de loin la valeur du terrain et les 90000 L.L. versés par M. Hage, surtout que la condition n’avait pas de durée limitée. 

            Le Père Louis avait aussi émis une autre objection quant à l’insuffisance de la superficie du terrain, les Hage ayant en tête une école de quartier et non un grand Collège comme l’archevêché le concevait. C’est alors que M. Hage promit que, si l’archevêché voulait acheter des parcelles attenantes à l’avenir, il les lui cèderait à moitié prix. Avec le temps, les prix ont monté et des problèmes ont surgi entre les 2 parties empêchant l’achat d’autres terrains, vu le prix exorbitant exigé. 

            M. Hage, demanda à ce que la condition posée par la famille, pour l’enseignement des 22 élèves gratuits soit inscrite et enregistrée dans le service foncier (الصحيفة العقاريّة). L’archevêque répondit que l’accord entre les 2 parties est inscrit dans les registres de l’archevêché et que ceci est considéré comme un contrat en bonne et due forme. 

            Le temps passa et le terrain resta au nom de la famille Hage. Mme Hage, qui repartait pour le Brésil après la mort de son mari chargea, sa fille, Mme Chartouni, d’expédier les affaires de la famille.

 

En commémoration de son acte de bienfaisance, M. Hage avait demandé qu’on installe son buste avec une plaque commémorative à l’entrée du collège et paya lui-même les frais de la cérémonie d’inauguration. 

 

            Des problèmes vont surgir à cause du déplacement du buste  de M.Hage dans la grande cour du Collège à la suite de l’ouverture de la porte reliant l’escalier principal à la cour. La fille de M.Hage ne le verra pas d’un bon œil. De même que l’inscription sera l’objet de discussion : les mots كامل الأرض n’étaient pas acceptés par P.Louis qui dira que ce n’est pas tout le terrain qui a été offert ; de même بناء 1000 م2 n’était pas satisfaisant car la somme promise par M.Hage ne sera pas versée complètement pour le coût de ces 1 000 m2. Le buste et son piédestal se trouvent aujourd’hui sur le palier du 1er étage de la Bâtisse Centrale.

 

             En 1962, M. Mouawad était en instance de faillite et la   banque Intra avait mis la main sur ses terrains. L’archevêque acceptera de lui payer 68 000 L.L. pour l’achat du terrain sur lequel sera construit le petit collège.    

 

 

 

Quant aux trois autres parcelles, sur lesquelles s'élèvent le terrain couvert du Petit Collège et le Nouveau Bâtiment qui abrite aujourd'hui le cycle secondaire, leur acquisition est redevable à Mgr. Khalil Abi Nader qui inaugura le Nouveau Bâtiment en 1996.

 

 

 

Jusqu'en 1971, le Collège étant mixte du jardin à la 7e, les garçons étaient envoyés à la Sagesse de Beyrouth pour continuer leur scolarisation. C'est au cours de l'année 1972 -1973 que les garçons passèrent en 6e pour la première fois et que le collège envoyait dans le monde sa première promotion.

 

            De 1960 à 1973, le collège s'est agrandi par étapes, augmentant d'une classe par année, selon l'évolution suivante:

 

                          19      élèves              de J.E et de 12e                       en 1960 / 1961

                        103      élèves              jusqu'en 11e                             en 1961 / 1962

                        172      élèves              jusqu'en 10e                               en 1962 / 1963

                        243      élèves              jusqu'en   9e                               en 1963 / 1964

                        309      élèves              jusqu'en   8e                             en 1964 / 1965

                        399      élèves              jusqu'en   7e                               en 1965 / 1966

                        452      élèves              jusqu'en   6e                             en 1966 / 1967

                        549      élèves              jusqu'en   5e                             en 1967 / 1968

                        693      élèves              jusqu'en   4e                             en 1968 / 1969

                        815      élèves              jusqu'en   3e                             en 1969 / 1970

                        867      élèves              jusqu'en   2de                            en 1970 / 1971

                        966      élèves              jusqu'en   1re                            en 1971 / 1972

                        1 152   élèves              jusqu'en   Terminale                   en 1972/ 1973

 

(en 2009/2010 le collège comptait 1 576 élèves et en 2010/2011 il en comptait 1 572).

            En 1980 - 1981, le Père Louis Hélou, supérieur depuis vingt ans, s'octroyait une année sabbatique et confiait le collège pour un an au Père Marcel Hélou, qui devait lui succéder définitivement en 1985.

            Comme tous les établissements scolaires du Liban, la Sagesse section Saint-Jean a souffert de la guerre à plusieurs reprises. Mais c'est surtout le 9 mai 1981 que le collège fut le plus touché par des obus de 120 mm et les dégâts y furent importants. Jusqu’au 24 mai 1981, les bombardements continuaient sur la région et le collège abritait en permanence 70 personnes du quartier qui n’ont fort heureusement pas été atteintes.

 

 

Le même scénario se répéta en 1990 et les dégâts furent de nouveau très importants. On ne peut évoquer cette période difficile de l’histoire du collège et du Liban, sans se remémorer certaines figures, aujourd’hui disparues,  qui ont marqué l’aventure éducative du collège depuis 50 ans.

            C’est le cas de Mère Jeanne-Andrée et de Sœur Françoise-Emmanuel de l’Assomption, toutes deux décédées au Liban après avoir été pendant des années au service de la jeunesse libanaise.

 

            Mère Jeanne Andrée répondait à l’appel du Seigneur le 13 décembre 1974 après avoir préparé le voyage d’un groupe de professeurs, d’élèves et de parents, à Rome où Sa Sainteté le Pape Paul VI devait béatifier la fondatrice de la congrégation des sœurs de l’Assomption, Mère Marie-Eugénie Milleret, en février 1975.

 

            Quand à Sœur Françoise, elle fut appelée auprès du Seigneur le 23 novembre 1981 après avoir passé onze ans au service des Libanais. Dès son arrivée au Liban, en septembre 1970, elle s’éprit de notre pays et aura toujours le souci de valoriser tout ce qui le concerne. Cet attachement au Liban, elle le manifestera de plus en plus au cours des années de guerre pendant lesquelles elle refusa de se faire rapatrier malgré les bombardements qui se faisaient de plus en plus fréquents et destructeurs, s’occupant des voisins du collège, les secourant et relevant leur moral. Peu de Libanais étaient capables d’en faire autant.

 

            Les deux religieuses reposent en paix à Aïn Saadé, dans cette terre libanaise qu’elles ont tant aimée.

            D'un autre côté, la guerre, empêchant les communications inter-régionales, obligea la direction du collège à décider une première fois de fonctionner à la Sagesse d’Achrafieh en 1976 où une éducatrice, Mlle Mona Jarjour, fut tuée par un obus tombé sur le collège, et une seconde fois à ouvrir une branche à Bouar pour les familles qui s'étaient réfugiées dans la montagne au Nord de Beyrouth.

            En 1997, Mgr Paul Matar nomma le Père Gabriel Tabet Supérieur du collège. Sous son mandat fut inauguré le théâtre sis au sous-sol du bâtiment du cycle secondaire. De même, l’archevêché acheva les négociations qui permirent l’acquisition des 2 maisons qui subsistaient entre les 3 bâtiments du collège et qui furent démolies après leur expropriation et leur emplacement transformé en parking. D’un autre côté, en 1998, le collège fut homologué par le ministère français de l’éducation nationale.

            En 2007, Mgr Paul Matar nomma le Père Issam Ibrahim Supérieur. Celui-ci entama des négociations avec la famille Hage pour que le terrain, offert par M. Hage , et sur lequel s’élève la bâtisse centrale, soit inscrit définitivement au nom de l’archevêché maronite de Beyrouth. Ce qui fut fait au début de l’année 2010.  D’autres négociations sont en cours pour l’acquisition d’un terrain, au sud de la bâtisse centrale, sur lequel pourrait s’élever un jour le club sportif de la Sagesse – Brasilia.

 

En 2011, le Père Issam Ibrahim fit installer au collège des tableaux interactifs pour faciliter notre prestation  éducative et amener  nos pratiques à des

niveaux  plus performants.

En 2012, Mgr Paul Matar nomma le Père Pierre Abi Saleh Supérieur du Collège. La communauté éducative espère beaucoup de sa présence parmi nous, compte tenu  de  sa jeunesse, de ses compétences, de son enthousiasme et de son engagement qu’il a mis au service de l’éducation et de l’Eglise.

                          

Christian HELOU